vendredi 2 décembre 2011

Une boutique de jdr s'éteint : JLR





Vous trouverez sur cette boutique en ligne des promotions exceptionnelles et limitées dans le temps (-30% minimum sur tous les produits jusqu'à fin janvier)... malheureusement, Jeu Livre du Rêve jette l'éponge après quelques années pour essayer de vivre de sa passion.
Cela crève le coeur de toute l'équipe de JdR, pour qui JLR a été un partenaire depuis bientôt 2 ans. C'est pourquoi nous voulions en savoir plus. Voici les explications de JLR dans une interview exclusive et sans langue de bois :


Merci pour votre sympathique participation. Je dois dire que le partenariat avec JdRP a été très agréableMais commençons par le début : une petite présentation de JLR et de son équipe s'impose... 

JLR et son équipe c’est la même chose ; c’est fusionnel. Ou plutôt c’était fusionnel. Pour l’équipe c’est vite fait : Olivier moi-même le gérant auteur de Bafouilles à ses heures perdues, pseudo prof de SVT dans un monde parallèle, et son épouse très connue pour ses gambettes, Mélanie, spécialiste cartons / bonbons et pseudo prof de SVT aussi.


Qu'est-ce qui vous a motivé à tenter votre chance en vous lançant sur internet avec votre boutique ? Quelles étaient vos ambitions ?

Les motivations sont lointaines. Je suis tombé dans le jdr en sixième et j’ai toujours eu envie d’en vendre, avec en plus l’idée épisodique d’être libraire (vieux fan de SF que je suis, j’ai également quelques romans non publiés à mon actif). Le déclic s’est produit il y a quatre ans lorsque l’état français a supprimé la moitié de mon poste dans mon lycée. Comme j’en avais marre d’enseigner on s’est jeté à corps perdu dans la création de la société et du site pour ouvrir quelques mois plus tard. Nos ambitions étaient modestes pour la première année, et on tablait sur une progression au fur et à mesure avec à terme l’idée d’ouvrir une boutique en dur un jour ou l’autre.


Qu'est-ce qu’il s'est passé pour en arriver à cette conclusion tragique ? Pourquoi jeter l'éponge ?

Beaucoup de choses sen seulement trois ans. Déjà, on a ouvert « quand il fallait pas » selon la CCI, on commençait à parler de crise. Même pas peur. Ensuite on a fait l’erreur de penser que l’on pouvait vendre des jeux ET des livres sur le site. C’était tout simplement faux et archi faux. Là aussi on est tombé dans une période où les littératures de l’imaginaire se sont suicidées + marché du livre phagocyté par les grosses enseignes. Mais ce n’est pas pour ça qu’on ferme, hein.
Après une progression de chiffre d’affaire les deux premières années, la vraie crise a commencé (enfin, je crois) et ça a commencé à dégringoler. Seule une pub constante empêchait la baisse, mais tout le bénef passait dans la pub, justement. Et là plusieurs phénomènes concomitants nous ont démotivés :
  •     L’arrivée possible de problèmes juridico-financiers pour un contrat malheureusement signé avec une boite d’escrocs, InComm, ce qui nous a obligés de prendre un avocat. Et pour ceux qui ont le même problème, sachez qu’ils ont laissé tomber au bout de six mois de menaces.
  •     Et surtout, dans la grande mouvance générale de l’ouverture de boutiques en ligne par les éditeurs eux-mêmes, la création de la pire abomination depuis Lovecraft, la boutique en ligne des éditions Black Book. Ce que je vais dire ne sera peut-être pas compris par le client, mais pour avoir dialogué avec des gérants d’autres boutiques je sais que mon analyse est partagée. Dans un marché de niche qu’est celui du jeu, et en particulier du jdr, vouloir concurrencer les revendeurs en proposant les mêmes produits avant leur sortie, allongée d’un pdf et de goodies qui ne leur coûtent rien mais que les boutiques n’ont pas, est une honte et c’est déloyal. Je pensais déjà que les boutiques en ligne des éditeurs étaient « anormales » (cherchez bien, ils en tous une), mais celle de BBE est de loin la pire pour le marché. Je pense qu’un cercle vicieux est engagé et qu’il entraînera la disparition des gammes de jdr en boutiques classiques.
  •     L’arrivée des jeux de société modernes en dehors des boutiques spécialisées (grandes surfaces, autres grandes enseignes…), avec des rumeurs sur des arrivées futures des jeux autrefois réservés aux geeks.
  •     La guerre des prix complètement abusée des boutiques online,  parfois amplifiée par des auto-entrepreneurs qui veulent copier les prix des géants pour pouvoir vendre. Plus aucun joueur passionné ne serait désormais capable de mettre le vrai prix dans une boite de jeu. Tant pis.

      Et puis, pour finir, et j’aurais du commencer par ça, la rentabilité très faible de notre petite structure. Nous avons prolongé de quelques mois supplémentaires par passion ; mais personne ne peut passer des années à travailler pour rien.



Quels conseils donneriez- vous à ceux qui voudraient se lancer à leur tour ? Quels pièges faut-il éviter ?

De ne pas se lancer. A notre avis c’est trop tard. Cf. les raisons au-dessus. D’ailleurs, nous mettons en avant notre fermeture afin de vider notre stock ; mais la plupart des boutiques qui ferment, en dur ou online, disparaissent dans le plus grand silence.


Que retirerez-vous de cette histoire ? (Si vous avez un message à passer...)

Beaucoup de plaisir aux jeux, jdr, jeux de plateau, énormément de contacts, d’amis (même pour une boutique online, mais oui !), de publicités débiles, et d’expérience acquise. On a passé un niveau.
Aucun regret, on l’aura fait alors que tout le monde pensait qu’on ne le ferait pas. On s’en sort sans dettes.
Un tout petit regret cependant, nous présentons nos excuses à ceux qui attendaient la leçon numéro 3… et dire aussi à ceux qui pensaient qu’on était les meilleurs… qu’ils avaient bien raison ;-)

Tout l'équipe de JdRP tire son chapeau à cette petite équipe qui a voulu, sans y parvenir, vivre de sa passion. Nous espérons que d'autres relèveront ce défi avec plus de réussite et souhaitons tout le meilleur à Olivier et Mélanie. S'ils ont échoué dans cette tentative, qu'ils ne perdent pas leur passion du jdr !


4 commentaires:

  1. C’était la meilleure boutique de jeux en ligne :(

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  2. En gros, JLR s'est planté sur le concept de sa boutique (livres + jeu), s'est lancé pendant la crise et s'est fait escroqué par une boite de comm... et c'est la faute à ses concurrents s'ils sont morts ?
    ...
    Ce qui est amusant c'est qu'une boutique online se plaigne comme le ferait une boutique en dur. Alors qu'elle est online et ne propose finalement aucun service hormis la vente pure (contrairement aux boutiques en dur). Le monde à l'envers quoi.
    Bien sûr, à titre personnel, on comprend que ça soit difficile à vivre pour ces gens qui espéraient vivre de leur passion, mais de là à dure que de toute façon "c'est la faute des autres" ?

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  3. Bizarre, une boite comme LudikBazar perdure elle non ?

    Je suis anonyme mais je suis un simple client/joueur... :)

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  4. Kyrilodactyl28 mars 2012 14:11

    Moi j'ai découvert JLR sur le tard... Et j'aimais bien son esprit et ...ses photos !!! J'espère qu'ils sauront rebondir et que l'on aura l'occasion de se croisser un de ces quatre .... virtuellement ou en vrai... sur un salon... par exemple...

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